Pourquoi le Fer ?

A. Le fer puddlé : un choix mûrement réfléchi

La première moitié du XIXè siècle est marquée dans toute l’Europe par la révolution industrielle. L’apparition des chemins de fer stimule l’essor de la métallurgie et multiplie les techniques de fabrication du fer, qui a donc peu à peu un rôle essentiel dans la plupart des constructions. On le préfère à la pierre pour sa souplesse, sa légèreté et surtout sa résistance. Le fer autorise ainsi la construction de bâtiments plus variés, plus vastes, plus hauts…

 

 

 

Après la construction du premier pont en fonte par les Anglais en 1779 (pont de Coalbrookdale, photo), le fer laminé s’impose, car il est plus efficace (meilleure résistance, combustibilité) et surtout plus économique que la fonte. Dans les années 1870, il devient d’usage courant. Les ingénieurs maîtrisent le matériau grâce à leur différentes expériences, qui leur ont permis d’établir les caractéristiques principales du fer et de les rendre essentiels, autant voire plus que les architectes, dans la conception d’édifices. Ce sont ainsi deux ingénieurs, Émile Nouguier et Maurice Koechlin qui sont à l’origine de la Tour! La concrétisation de cette idée a ensuite amenée l’équipe d’Eiffel à s’interroger sur le matériau à utiliser pour la construction de cet ouvrage.

L’acier était considéré à l’époque comme le métal de l’avenir, c’est cependant le « fer puddlé » qu’Eiffel et ses ingénieurs ont choisi, un fer situé entre le fer riche en carbone et le fer pur (sans carbone). Ce choix se justifie par plusieurs critères. En premier lieu, Eiffel et ses ingénieurs avaient une forte expérience avec le fer, alors qu’ils n’avaient presque jamais travaillé l’acier (pourtant plus résistant), ce matériau étant plus coûteux. D’autre part, des accords financiers existait entre Eiffel et l’entreprise Fould-Dupont, de Pompey, qui fournissait tout le fer nécessaire à Eiffel dans ses constructions. Cette entreprise ne fabriquant l’acier qu’à partir de 1888, il leur était impossible de répondre à quelconque demande d’acier de la part de l’équipe d’Eiffel. De plus, l’acier étant plus léger, Eiffel craignait des vibrations plus grandes sous l’action du vent. Le fer, plus lourd, assurait à sa tour un poids plus important et donc une meilleure stabilité.

Il est certain qu’en acier, la Tour Eiffel aurait eu un coût plus important mais aussi un entretien plus complexe. La Tour a nécessité le traçage de 16 000 pièces de gabarits différents, le perçage de 7 000 000 de trous, la pose de 2 500 000 rivets. Toutes les pièces étaient fabriquées d’avance dans les ateliers d’Eiffel à Levallois-perret. Calculées, tracées, dessinées et percées par des ouvriers surnommés les « gars du plancher », elles arrivaient à la tour déjà assemblées par éléments de 5 mètres. Sur la Tour, plus de 130 ouvriers les montent et les fixent comme un gigantesque jeu de meccano. Le montage de la Tour commence le 1er juillet 1887 pour être terminé fin mars 1889. Il n’y eut aucune surprise, tant les tracés étaient exacts, et depuis, aucun mouvement n’a été constaté depuis 90 ans.

Le fer puddlé est donc le matériau qu’il fallait à Gustave Eiffel et ses collaborateurs pour construire la Grande Dame de Fer.

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